Dans la basse vallée de l'Arve, l'extension de la station d'épuration de Bellecombe (de 16 000 à 32 000 équivalents-habitants) en concomitance avec la construction du nouveau centre hospitalier Annemasse-Bonneville ont entraîné une modification de l'arrêté préfectoral de rejet au milieu naturel à savoir l'Arve.
Cette nouvelle version a permis d'évoquer la problématique de la gestion des effluents hospitaliers en station d'épuration. Le syndicat d'assainissement de Bellecombe a donc rapidement engagé une réflexion sur le sujet et aussi proposé de porter la phase de démarrage d'une étude scientifique.
Très vite conscient de l'excellente opportunité de suivi qu'offrait sur sa station d'épuration la séparation des filières d'assainissement des rejets hospitaliers et domestiques, le Syndicat de Bellecombe, qui regroupe 13 communes entre Annemasse, Bonneville et La Roche sur Foron et qui adhère depuis toujours au SM3A, s'est activement mobilisé pour fédérer équipes de recherche, partenaires institutionnels et techniques autour du projet SIPIBEL : Site Pilote de Bellecombe.
En effet, la configuration actuelle de la station d'épuration permet de collecter et de traiter les 2 types d'effluents de manières spécifiques. Cette originalité va permettre de réaliser un programme d'étude pour répondre aux interrogations liées à la caractérisation, la traitabilité et aux impacts des effluents hospitaliers.
Cette étude d'envergure nationale dépasse largement les limites du syndicat. C'est pourquoi celui-ci s'appuie sur de nombreux partenaires. Le GRAIE (groupement de recherche rhône alpes sur les infrastructures et l'eau) a notamment jouer un rôle considérable pour piloter le projet à son démarrage.
Compte tenu de la mise en route du Centre Hospitalier Alpes Léman en 2012, le Comité de Pilotage a profité d'avoir une année complète à disposition pour débuter l'acquisition des données et des connaissances, sur les 3 pôles qui constituent le cœur du projet :
Une fois l'hôpital ouvert au public, une période de 3 ans permettra de consolider les données obtenues durant la première phase de l'étude et d'aller plus loin dans leur interprétation. Au final, toutes les analyses et essais de traitement permettront de mieux évaluer la nécessité d'envisager un traitement spécifique des rejets hospitaliers, pour protéger la step et minimiser les rejets et les impacts dans le milieu naturel.
Depuis sa création en 1994, le Syndicat Mixte d'Aménagement de l'Arve et de ses Abords met en œuvre des actions d'amélioration de la connaissance et de la qualité des eaux de l'Arve.
Dans les années 1980, la situation de l'Arve était très préoccupante vis-à-vis de la pollution domestique et industrielle. Aujourd'hui, grâce notamment au contrat de rivière Arve, la qualité obtenue tant chimique que biologique est bonne même si la garde ne doit pas être baissée. Les résultats restent sur certains paramètres fragiles.
Concernant la pollution métallique, d'énormes progrès ont été réalisés mais les objectifs ne sont pas tous atteints, même si les résultats mesurés sur le milieu naturel en 2010 sont tout-à-fait encourageants.
La démarche d'envergure et novatrice, initiée par le Syndicat de Bellecombe, dans le contexte particulièrement propice à l'observation et à l'expérimentation du raccordement de l'hôpital Annemasse/Bonneville sur la station d'épuration de Scientrier, va complètement dans le sens d'une meilleure connaissance de la qualité des eaux de l'Arve. Après avoir résolu les problèmes urgents, de nouveaux enjeux peuvent être appréhendés à travers la recherche de molécules nouvelles tant médicamenteuses que liées aux produits d'entretien hospitaliers. L'étude « état zéro » entamée dès l'année 2011 permettra de connaître la qualité du milieu naturel en amont et en aval de la station d'épuration de Scientrier avant le raccordement de l'hôpital. Les résultats obtenus seront comparés à une prochaine campagne de mesure qui sera réalisée après le raccordement de l'hôpital. Dans l'avenir, l'impact sur l'Arve du traitement des effluents hospitaliers sera évalué au fur et à mesure que celui-ci sera optimisé.
Cette étude, qui s'étalera sur plusieurs années, est tout à fait fondamentale dans le sens qu'elle comprend le développement de méthodes de recherche nouvelles pour certaines molécules qu'on ne sait pas mesurer dans l'eau aujourd'hui. Elle va aussi dans le sens des analyses menées par la CIPEL (commission internationale pour les eaux du Léman). Elle est enfin capitale pour que le bassin genevois tant français que suisse puisse continuer à boire une eau de bonne qualité. Rappelons en effet que l'eau potable sur ce territoire provient de la nappe profonde qui est directement et artificiellement réalimentée à partir des eaux de l'Arve à Vessy (Suisse). En effet, lorsque l'eau de l'Arve est polluée, les pompages cessent. Dans les années 1980, environ 800h d'arrêt étaient constatés à cause du chrome. Aujourd'hui les heures d'arrêt annuelles sont 100 fois moins nombreuses.
L'implication du Centre Hospitalier Annemasse - Bonneville dans ce projet témoigne de sa volonté de s'inscrire résolument dans une démarche de Qualité Environnementale et Sanitaire. Cet engagement entre dans un programme plus large de qualité globale et de certification du nouvel hôpital. Citons la recherche de solutions alternatives aux produits d'entretien chimiques, la collecte sélective ou le traitement spécifique avant rejet, la préservation des ressources en eau, la maîtrise des consommations énergétiques ou le plan de gestion différencié des espaces verts, …
Une convention spéciale de déversement sera établie entre l'hôpital et le Syndicat de Bellecombe et un suivi strict des rejets est prévu.
SIPIBEL s'inscrit pleinement dans le Plan National sur les Résidus de Médicaments (PNRM); c'est pourquoi le Ministère de la Santé soutient ce projet.
La construction d'un consortium scientifique permet de fédérer les compétences nationales autour de ce programme : caractérisation des rejets, définition d'indicateurs, dissémination de l'antibiorésistance et des micropollutions, écotoxicologie, modélisation. Ce consortium regroupe les universités de Limoges, Paris Sud 11, l'INSA de Lyon, l'ENTPE et le CNRS.
L'action de l'Agence de l'Eau s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la surveillance des micropolluants et des substances dangereuses au niveau des stations d'épurations urbaines mais également dans le PNRM.
http://www.graie.org/graie/sipibelpublic/a-sipibel.htm
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