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Cordon, au pays du baroque


Le courant baroque

 
Au 16ème siècle se produit une formidable fracture au sein de l’Eglise : c’est la Réforme qui donnera naissance au Protestantisme avec Luther en Allemagne et Calvin dans les pays francophones. Au cours du Concile de Trente, l’Eglise catholique réagit et se réorganise devant l’expansion de ces nouvelles idées. Face à l’extrême sobriété des temples, se développe un art chaleureux et coloré, traduisant une foi joyeuse et triomphante. Charles Borromée et, chez nous, son disciple François de Sales, sont les fers de lance de cette Contre-Réforme : ils diffusent les enseignements du Concile et encouragent la construction d’églises afin que celles-ci soient une vivante expression de la Foi.
 Certaines règles déterminent l’apparence extérieure de l’église : elle doit dépasser en hauteur tous les autres bâtiments du village, posséder une amplitude qui accroche le regard, être suffisamment éclairée pour mettre en valeur la décoration intérieure.
 

Au Pays de l’Arve supérieur

 

Dans les 14 communes qui composent le Pays du Mont-Blanc, il y a ou il y a eu une église baroque. La plus ancienne a été construite à St Martin sur Arve en 1680 et la plus récente à Cordon en 1781

A partir du 17è s. l’exploitation de des alpages est à l’origine d’un enrichissement global des communautés montagnardes. Des fromagers suisses, venant de la Gruyère, ont amenés de nouvelles techniques de transformation du lait qui se sont propagées lentement dans nos montagnes. On a appris, au contact de ces fromagers, à mieux soigner les troupeaux et à produire des fromages de meilleure qualité. Dès lors, le paysans nourrit mieux sa famille et la vente des fromages constitue une source de revenus non négligeable, tant pour les particuliers que pour les communautés villageoises. C’est en grande partie dû à cet argent que chaque collectivité pourra bâtir ou rebâtir son église. Les paroisses de plaine où une économie céréalière prédomine, ne bénéficent pas de la même manne. Leur situation économique reste des plus précaires et elles ne seront pas touchées par l’élan de reconstruction qui enflamme les vallées savoyardes.


Eglise de Cordon||crédit JM Barey
cliquez pour agrandir l'image Eglise de Cordon
crédit JM Barey

L’église Notre Dame de l’Assomption de Cordon

 
Ce qui tout d’abord attire le regard c’est le clocher. A bulbe comme beaucoup de ses confrères savoyards, il affine la silhouette un peu massive de l’édifice
L’église de Cordon exprime un style architectural de transition :
*Baroque dans le chœur carré à chevet plat, qui permet de valoriser le maître autel.
*Baroque dans la forme des fenêtres, dans celle des corniches, des chapiteaux et dans diverses boiseries de porte suivant l’esprit de la tradition.
* Néo-classique dans le choix d’un plan en forme de croix allongée, autour d’une coupole surbaissée, centrée sur la nef, (emplacement assez rare en Faucigny avant 1800). Les pendentifs, au décor des quatre évangélistes en médaillon, transforment le plan octogonal des murs en plan circulaire à la hauteur du dôme. Les coins des croisillons, coupés, permettent aux fidèles installés dans les transepts de voir le prêtre officiant dans le chœur.
 

La décoration

Suivant les instructions de Charles Borromée, la façade tranche sur la sobriété de l’ensemble. Le crépi rustique des côtés laisse place à un enduit lissé, blanchi et souvent peint. A Cordon, protégée par un large avant-toit à trois pans, elle s’orne d’un fronton original, encadré de deux piédroits à chapiteaux composites surmontés de pots à feu : c’est le passage du monde profane au sacré. Le mouvement ascensionnel du porche vient s’achever dans un oculus ouvert au dessus de la serlienne réduite à un vitrail, permettant de s’élever de la terre vers le ciel ou du temporel à l’éternel. Dès la porte franchie, la décoration signée par Léonard Isler en 1787 frappe par la richesse et les couleurs des retables, des peintures à fresco et des nombreux trompe-l’œil.
Le retable principal, polychrome et doré, avec son tabernacle, ses colonnes torses, ses statues de saints et d’anges, propose une pédagogie joyeusement imagée, permettant au regard et à l’esprit de s’élever. Son classement en 2004 et sa récente restauration en font l’un des plus purs joyaux de l’art baroque en Savoie.       

Depuis 14 ans maintenant s’y déroule un festival de musique baroque au début du mois de juillet. Il a pour ambition de relier musique, architecture et histoire locale dans ce contexte bien spécifique où Lumière, Mouvement et Couleur se sont unis dans l’expression artistique. Le Festival du Baroque du Pays du Mont-Blanc a considérablement évolué ces dernières années pour aboutir  à un véritable Festival de Musique et d’Animations Baroques sur 14 jours, rayonnant sur les 14 communes du Pays du Mont-Blanc.

Pour plus d'infos www.festivalmontblanc.fr/pagedebienvenue.php

www.cordon.fr/village/eglise.htm ou www.eglise-cordon.fr/

Merci à l'Office du tourisme de Cordon sans qui cet article n'aurait pas vu le jour.


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